Street Art Festival // Hydrane

Passaros gigantes
Hydrane, 28 ans, Belleville depuis toujours.
Après avoir été diplômée architecte, elle décide de se remettre à sa passion première et de la développer sous différents medias. Ses dessins sont des automatismes inconscients qui peuvent expliquer les mouvements et périodes de la vie. Ce langage graphique abstrait rempli de détails reste une énigme pour son propre créateur. Ses racines Péruviennes lui font découvrir que les formes dessinées dans le désert de Nazca et tout l’art primitif sud américain se rapprochent beaucoup de son travail. Abstrait et énigmatique, commence alors un travail entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’échelle visuelle nous échappe pour nous remettre à notre propre conscience d’être humain, poussière de l’univers.
La couleur ?
Tout dépend du support pour le moment je ne peux pas élargir ma palette à l’échelle de la rue, du mur ou de la façade car lorsque j’utilise une couleur, je l’utilise dans toutes ses nuances du plus clair au plus sombre. Je me retrouverais à avoir une palette d’un millier de tons différents. C’est un problème à résoudre, un challenge dont je me prêterais d’ici quelques temps. Pour le moment je me coltine au collage. Au delà du rendu visuel, l’ombre et la lumière font écho à des moments difficiles (couleurs sombres) et d’autres plus positifs (couleurs claires) ou des sensations que le commun des mortels peut vivre dans sa vie.
Pour le moment ma palette est assez monochrome ici à Paris. Je peinds beaucoup en blanc ou dans des tons ocre/jaune proche des couleurs de la signalisation urbaine.

Inspirations ?
Au départ, je n’avais aucune inspiration particulière sinon l’envie pure de dessiner quelque chose qui me plaise. Ce n’est que plus tard qu’il a fallu que je m’explique pourquoi je dessinais de cette manière abstraite que je suis allée chercher dans mes racines péruviennes. Effectivement on retrouve un langage graphique assez proche maya, aztèque, inca, au choix! Aujourd’hui, les grands oiseaux abstraits que je peins au sol sont un clair parallèle aux lignes de Nazca au Pérou.

La rue ?
Ca dépend de l’endroit, de la ville, du pays, c’est aussi les gens qui y sont qui la font… Avant d’attaquer j’essaye de sentir si le terrain est propice à accueillir certains de mes dessins.
Je n’ai jamais la même vision, parfois je m’y sens bien, libre, parfois perdue…
Si je devais m’accorder sur un point, c’est un espace où il me plait de renverser les codes, où il y a la meilleure interaction, le meilleur recul sur son propre travail.

 

Anamorphic

Motivation ?
J’ai toujours aimé renverser ce qui était acquis dans mon esprit sans jamais le confronter, au mieux , le partager… la rue c’est un espace où on peut tout de suite avoir des réponses. J’avais avant tout besoin de savoir si mes dessins seraient lisibles en grand car je suis attirée par des échelles qui frôlent l’invisible: le détail à l’infiniment petit par conséquent je devais aussi développer  » l’infiniment grand ». J’ai commencé par le collage, ca a bien fonctionné mais je trouvais ca trop facile. J’avais besoin de faire ça pour de vrai, créer moi même la matière à ajouter en plus.
J’ai été au Brésil pour un échange artistique français brésilien sur le graff avec Babs des uv tpk et aux côtés d’un crew, la Rataria basé à Rio de Janeiro, j’ai beaucoup appris grâce à eux de la peinture sur mur mais j’ai toujours été gênée par ce cadre. En revenant en France, j’ai eu besoin de peindre autrement et autre chose.

L’oeuvre doit-elle avoir un propos ?
Au Brésil, il n’y a pas la même vision de l’art urbain qu’en France. Je crois que la bas elle m’a semblé bien plus politique, très engagée peut être même informatrice et révoltée…Je me rappelle avoir lu  »somos os profesores mas barato do mundo » – « nous sommes les professeurs les moins cher du monde ».
Il y avait une grande volonté de message et de transmission. Après, quoi exactement? Je ne sais pas, tant mieux je crois qu’il faut que ça reste vaste.
Dans un certain idéal je crois que lorsqu’on s’exprime dans la rue, on ne peut pas s’adresser qu’à une personne donc il faut, pour moi, rester simple, ouvert et positif. Je ne signe plus car j’estime désormais que je fais ce que je fais pour l’autre et lui accorder un peu de rêve, de paix et de liberté.

 

Les gens et ton travail ?
 »c’est minutieux et ambitieux ». J’ai beaucoup d’encouragements, de félicitations, d’étonnements, certains comprennent tout de suite la provenance sud americaine, d’autres se demandent ce que je fais et pourquoi, je prends toujours le temps d’expliquer.

L’évolution de ton style ?
Je cherche à rassembler les gens. C’est tout le travail d’un artiste au final car sans les autres il n’est rien, il se doit d’offrir quelque chose.
Je souhaiterais organiser des marches cérémoniales/commémoratives/de célébrations  sur les grands dessins que je réalise au sol. L’idée serait de se réunir pour une cause, une idée qui nous tient à coeur et de marcher sur les lignes afin de rendre l’oiseau  »actif ».
Pour l’instant, il faut plus d’expériences pour amener ce projet a bien et peut être le faire entrer comme projet de  »place active » dans Paris (ou ailleurs…). Aujourd’hui, lorsqu’on commémore la mort, la solidarité pour tel ou tel attentat, on éteins la tour Eiffel et c’est aussi très virtualisé, on perd beaucoup à ne pas se réunir.

Lambi Lambi

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